Milko, l'œil de… chez nous

Publié le jeudi 16 août 2012 à 10H27 -

Milko Milev est arrivé dans les Ardennes par hasard… avant d'en tomber amoureux.

Milko Milev est arrivé dans les Ardennes par hasard… avant d'en tomber amoureux.


VOUZIERS (Ardennes). Milko Milev, 60 ans, vit à La Berlière. Il sillonne à vélo les Ardennes et immortalise les beautés que les locaux ne voient pas, ou plus. Pas mal, pour un natif du Kazakhstan !

VOILÀ un homme que rien ne prédisposait à figurer dans les colonnes de notre journal.
Né en 1952 dans un village du Kazakhstan, d'une mère kazakhe et d'un père bulgare, Milko Milev ira travailler en Russie quelques années.
« Avant la Perestroïka, on nous berçait avec le refrain disant que tout était positif chez les Soviétiques, se souvient-il. L'Allemagne, la France, ce n'était pas bon, c'était le capitalisme… Et les gens y croyaient. Puis ils ont vu la vie ici. »
Pour Milko, le choix est vite fait : il faut partir… pour n'importe où.
« En 2005, j'ai payé un routier 1.000 euros pour monter dans son camion. J'ai été enfermé trois jours et il m'a laissé par ici, près de Paris. Je ne savais que dire merci. J'ai voulu faire la demande de réfugié, je n'avais rien préparé avant de partir. Et puis je voulais travailler. »
Donnant son temps à la rénovation de bâtiments et aux espaces verts, l'exilé finit par trouver du travail dans le petit village de La Berlière, il y a 18 mois.
« Le propriétaire est un Anglais, marié à une Russe. Alors, comme je parle russe… Je fais office de gardien, de jardinier. Mais si quelqu'un a du travail à offrir, il peut me contacter. »
Car l'Ardennais d'adoption (il ne veut plus entendre parler du pays qu'il a quitté) a bien des cordes à son arc.
Sortant une carte des Ardennes, il nous montre le genre de périple à vélo qu'il s'offre. Les points les plus lointains sont toujours des villages frontières du département.
Un arbre tordu, un nuage étrange…
Pas le fruit du hasard ; Milko Milev est toujours muni d'un appareil photo numérique et immortalise les paysages qu'il croise, avec le talent d'un professionnel.
« Parfois, je fais beaucoup de photos, parfois aucune. Le hasard fait beaucoup. Une fois, je dévalais une pente sur mon vélo, sans avoir rien vu d'intéressant de la journée. Je me suis arrêté, en manquant de me retrouver sur les fesses. Derrière moi, l'image de l'orée de la forêt était magnifique ! Là, je dis « Merci, Seigneur »…» sourit-il comme un enfant à qui l'on offre un jouet.
Chaque photo possède son titre, qui reflète l'idée de l'auteur : un arbre tordu, un nuage particulier, des lignes géographiques inattendues…
Son œil ne rate rien des richesses de nos Ardennes. Pas étonnant qu'il ait multiplié les expositions ces dernières années.
« C'est toujours comme ça, résume-t-il. On regarde au loin, et on ne remarque plus les trésors qui sont sous notre nez ! »